Mercredi 26 novembre 2008
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J'y suis allée
Si Eros m’était montré
Situé au cœur de Pigalle, haut lieu de libertinage s’il en est,
le musée de l'érotisme propose une tentative
à l’homme d’exprimer
sa dévotion pour tous
les mystères du désir,
la perpétuation de la vie
et de la passion qu’il inspire.
Quand nous sommes allés à Paris nous avons visité ce petit musée, que j'ai trouvé bien sympathique !!
En novembre 1997, le musée ouvre ses portes, né de la restauration d’un immeuble du XIXe siècle du boulevard de Clichy. Dès lors, il vient témoigner de la
fascination que l’érotisme a exercé sur les artistes depuis la nuit des temps, sur l’ensemble des continents. L’exposition ne s’attache pas à une période donnée, la politique d’acquisition menée
a tenu à rendre compte des différents cultes et obsessions intemporelles libérées de toutes frontières et de tous interdits. Plus ludique que dialectique, tout est fait pour le plaisir de l'œil
et plus si affinité.
Dans le musée, sept niveaux dessinent le parcours du plaisir des sens. De l’art profane, humoristique, à l’art sacré, avec ses pièces à caractère ethnographique
mêlant culte et religion. Toutes les formes artistiques sont présentées, sculptures, peintures, arts graphiques, objets d’art ou encore mobilier. L’érotisme se décline sur pièces de bois aux
fresques évocatrices, marbres chatoyants de corps entrelacés, métaux aux formes phalliques offusquantes, ivoires déshabillant de jeunes éphèbes, pierres taillées au culte de l’onanisme, mies de
pain présentant un peuple lilliputien qui s’aime à tire-larigot. Icônes iconoclastes aux noms évocateurs, "Pousse-pousse", "Lit conjugal", "Hermaphrodiable". Les tendances, les cultures, les
périodes se mélangent afin que chaque œuvre devienne unique aux yeux des visiteurs.
Le néophyte s’offre un voyage à travers un monde de cultures érotiques cosmopolites. Les cultures précolombiennes et principalement péruviennes, Mochicas, Chimu,
présentent des poteries douées d’une grande liberté d’expression. L'Afrique, plus particulièrement le Bénin, le Zaïre et le Nigeria, s’appréhende dans la richesse de ses productions de bustes et
de masques mettant en scène des cérémonies orgiaques. L'inde, à travers ses religions, ses cultes et ses philosophies autour de la vénération des principes générateurs primordiaux, a produit un
grand nombre d'œuvres artistiques de qualité. Marbre de temple tantrique, miniatures érotiques, bronzes de yogis, objets de culte shivaïstes où figurent le linga (phallus) et la yogi (vulve). Le
Népal, doté d’une réelle tradition d’art érotique perpétuée, offre au regard statuettes féminines et masculines, polychromes.
L'Indonésie propose des pièces de taille représentant démons et divinités de l’archipel, dans des œuvres très fluides, délicates à caractère génésique très explicite
où l’hypertrophie phallique des idoles de fécondité est très présente. La Chine, dans des compositions d’ivoire et de céramique, des rouleaux et des peintures de manuels d’éducation sexuelle,
prône l’asservissement de la femme au principe de l’homme. Le Japon prouve son raffinement érotique dans des estampes, masques, curiosités, avec une représentation récurrente de l’homme toujours
doté d’attributs flatteurs. L'Europe, dans une production limitée, cachée, due à la condamnation faite par les religions judéo-chrétiennes et par la notion de péché, expose des pièces d’artistes
amateurs, jetons de maisons closes, gravures, dessins et photos anciennes. Tout cela empreint d’un sentiment et d’une satire anticléricale très perceptibles.
En parallèle, on trouve sur les trois derniers étages du musée, des expositions temporaires. Actuellement, une exposition collective autour des "Plaisirs d’amour",
avec des artistes comme le peintre Jean-Marc André, le photographe Philippe Assalit, l’illustrateur Axterdam. Sous le thème "A propos d’elles", le dessinateur André Barbe propose d’exquises
esquisses agrémentées de mots de plume enchanteurs de Cavanna. Enfin, Roland Bourigeaud présente son univers onirique de peintre amoureux de la femme. Une femme qui apparaît délicieusement
impudique dans une vision fétichiste, telle une prêtresse énigmatique. Chaque scène est contenue dans un lieu fermé qui s’ouvre uniquement sur l’infini de l’horizon suggéré par la troisième
dimension et la profondeur de champ.
L’abbé Grégoire l’avait bien compris en son temps, les œuvres érotiques servent à l’histoire de l’humanité, des meurs, des coutumes et des arts. C’est sur les
productions de cette espèce que l’observateur éclairé juge souvent le siècle qui l’a vu naître. Ne l’oublions pas, le désir est apparu le premier, errant au-dessus de tout, il existait déjà avant
le germe de la pensée.
SOPHIE BOUNIOT.
Le musée de l'érotisme, 72, boulevard de Clichy, 75018 Paris. Ouvert tous les jours de 10 heures à 2 heures du matin. Renseignements au 01.42.58.28.73.
Expositions temporaires jusqu’au 6 octobre.